samedi 14 mars 2026

Le bovarysme

Le bovarysme, c'est ce décalage parfois douloureux entre la réalité et nos rêves de grandeur. Le terme a été inventé par le philosophe Jules de Gaultier en 1892, mais il tire son nom, vous l'avez deviné, d'Emma Bovary, l'héroïne du célèbre roman de Gustave Flaubert, Madame Bovary. Voici comment on pourrait le disséquer simplement : 1. La définition psychologique C'est un état d’insatisfaction chronique. Une personne atteinte de bovarysme se sent prisonnière d'une vie trop étroite pour elle et tente de s'évader par l'imagination. Elle se croit souvent destinée à un sort plus glorieux, plus romantique ou plus luxueux que celui qu'elle vit réellement. 2. Les caractéristiques clés Le refus du réel : Le quotidien est perçu comme médiocre, plat et ennuyeux. Le mimétisme : On essaie de copier des modèles (dans les livres, les films ou, aujourd'hui, sur les réseaux sociaux) pour se donner l'illusion d'une autre vie. L'idéalisme démesuré : On attend de l'amour ou du succès quelque chose d'absolu qui n'existe pas dans la vraie vie. 3. Pourquoi c'est "tragique" ? Chez Emma Bovary, cela finit mal parce qu'elle ne parvient jamais à combler le fossé entre ses lectures romanesques et sa vie à la campagne avec un mari qu'elle juge assommant. Le bovarysme mène souvent à la désillusion, car la réalité finit toujours par rattraper le rêveur. En résumé : C'est le mal de ceux qui "se voient autres qu'ils ne sont". Une version moderne ? Aujourd'hui, on pourrait dire que faire défiler son flux Instagram en se sentant déprimé par sa propre vie face aux vacances "parfaites" des influenceurs est une forme moderne de bovarysme. C’est cette tendance à croire que le bonheur est ailleurs, dans une mise en scène que l’on ne possède pas encore.

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